Note de position : Canicule à Roland-Garros : le contre-exemple des comportements à adopter
Note de position - 09/06/2026
On ne peut pas parler de climat sans parler de santé publique, et de changement climatique sans évoquer ses implications sur la santé humaine, la santé animale et celle des plantes et de l’environnement. La situation qui se présente à nos sociétés d’une hausse globale des températures autant que d’épisodes littéralement caniculaires appelle une volonté politique forte et la mobilisation de toutes et tous.
La tenue du tournoi de Roland-Garros a donné à voir une version paroxystique de ce qui se présente à chacun·e de nous : des athlètes contraint·e·s de devoir poursuivre leur activité alors même qu’ils et elles subissaient les effets directs de ces températures sur leurs capacités, voire manifestaient pour certains les symptômes cliniques d’une déshydratation.
En témoigne l’état physique de plusieurs joueurs de très haut niveau, chez qui l’on a pu observer cernes périorbitaires, ralentissement psychomoteur, trouble manifeste de la vigilance, nausées et vomissements… sans que les matchs aient été interrompus ou que la situation donne lieu à la moindre prise de parole des dirigeants du tournoi, ou des médias. Ces attitudes vont à l’encontre de toutes les recommandations en vigueur, qui préconisent la réduction ou l’arrêt de l’activité physique en période de forte chaleur. L’aveuglement dont elles témoignent au sein d’une compétition sportive internationale ne peut qu’alerter sur l’insuffisante prise de conscience des enjeux par ses responsables.
De la même façon, chacun·e a pu constater les effets de la vague de chaleur exceptionnelle que nous avons connue au mois de mai sur le déroulement de nombreuses événements de course à pied. Le bilan en est lourd : un décès à Paris lors de « La Pyrénéenne », des dizaines de personnes hospitalisées dans plusieurs villes de France, parfois « en urgence absolue »… Face à cette situation, plusieurs courses ont dû être annulées.
A cet égard, nous sommes inquiets du fait que Santé publique France n’ait pas été en capacité, si l’on en croit plusieurs collectifs de ses agents, de déployer ses actions habituelles d’information en période de canicule, du fait de la reprise en main de sa communication par Matignon.
La réponse aux épisodes de forte chaleur relève d’une responsabilité collective, à tous les niveaux et dans tous les milieux de vie, et notamment :
- des pouvoirs publics nationaux et locaux, en matière de mesures structurelles autant que d’information des populations sur les risques que ces épisodes de chaleur intense font peser sur la santé et les moyens de s’en prémunir ;
- des employeurs, en milieu de travail ;
- de l’institution éducative, en milieu scolaire et universitaire ;
- des institutions sportives et des collectivités territoriales, dans le contexte des activités physiques et sportives.
A l’instar du 3ème Plan national d’adaptation au changement climatique, présenté en 2025, c’est bien à une mobilisation de l’ensemble de la société que nous appelons, afin de prendre pleinement en compte l’impact du dérèglement climatique sur la santé des populations.
Loin de courir un sprint par saison, c’est bien à un marathon que nous devons collectivement nous préparer pour faire face aux changements déjà en cours, et ceux qui restent à venir.
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